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Quand l’intestin devient irritable

par | Avr 11, 2018 | Happy cures

L’intestin irritable se caractérise par de la constipation, des diarrhées, parfois l’alternance des deux, des nausées, des ballonnements et des douleurs abdominales pouvant être extrêmement fortes et handicapantes. Aussi appelé colopathie fonctionnelle, le syndrome de l’intestin irritable est un dysfonctionnement du colon voire même de l’intestin grêle.  Découvrez les solutions proposées par la naturopathie.

Les causes du syndrome de l’intestin irritable sont multiples et interdépendantes les unes des autres. Il est donc important de les prendre en charge simultanément.  Elles concernent deux grands systèmes du corps humain : le système digestif et le système nerveux.

Les causes de l’intestin irritable

La dysbiose

C’est un déséquilibre du microbiote intestinal, c’est-à-dire de la flore. Celle-ci est constituée de milliards de bactéries, levures et champignons qui font un travail phénoménal pour maintenir un bon équilibre intestinal. On l’appelle flore saprophyte. Aussi, cette flore bénéfique peut être perturbée et désorganisée. Elle devient alors flore pathogène. Les causes de ce déséquilibre se trouvent principalement dans notre alimentation. Nous verrons plus bas pourquoi et comment y remédier. Cette flore devenue donc pathogène a pour conséquence une hyperperméabilité intestinale.

L’hyperperméabilité intestinale

L’intestin a une paroi très fine qui laisse passer les nutriments de notre alimentation afin qu’ils soient utilisés par notre métabolisme. Cela, c’est quand tout se passe bien. Mais bien souvent, la paroi de l’intestin est altérée et des espaces se créent à l’intérieur et entre les cellules intestinales. L’intestin devient alors « poreux », on appelle aussi cela « syndrome de l’intestin passoire ». De grosses molécules de notre alimentation passent alors par la paroi « passoire » de l’intestin et circulent dans le corps alors qu’elles n’ont rien à y faire. Ces grosses molécules, qui auraient dû être éliminées dans les selles, causent de nombreux dysfonctionnements, comme des troubles de l’immunité, des manifestations allergiques, des réactions auto-immunes et des pathologies chroniques comme le syndrome de l’intestin irritable.

Le système nerveux 

Vous le savez, notre intestin est notre « deuxième cerveau ». Aussi appelé système nerveux entérique, il serait constitué de 100 à 200 millions de neurones. Vous avez sûrement pu remarquer ses manifestations lors de stress, trac ou de peur. Il est en lien direct avec nos émotions. Lorsque celles-ci sont en hyperfonctionnement ou lors de stress répétés, l’intestin est sur-sollicité et nous le fait savoir : maux de ventre, spasmes, nausées, diarrhée, constipation. Les mouvements de l’intestin (le péristaltisme) sont soit accélérés (diarrhée), soit spasmés (ce qui retient les selles, donc constipation), ou encore une alternance des deux. En bref, des réjouissances dont on se passerait bien. L’intestin fabrique une grande partie de nos neurotransmetteurs, qui influencent nos émotions, dont la sérotonine qui agit comme une « hormone de la sérénité ». Donc lorsque l’intestin est perturbé, les émotions sont en souffrance et lorsque les émotions sont perturbées, l’intestin est en souffrance. Un véritable cercle vicieux.

Vous comprenez maintenant pourquoi il est important d’agir sur les différentes causes de colopathie simultanément.

intestins irritables : les solutions en naturopathie 

En naturopathie, nous travaillons sur plusieurs axes et nous agissons sur les causes. Ici il conviendra d’éviter les surcharges toxiques pour l’intestin grâce à une alimentation qui a du sens.

La nutrition

La paroi de l’intestin est une muqueuse très fine, constituée d’une seule couche de cellules : les entérocytes. Elle est donc très sensible à une alimentation qui n’est pas adaptée à l’humain.

Tout d’abord, la réduction (voir la suppression) des toxiques évidents : drogues, alcools, cigarettes, pesticides, produits chimiques, additifs, édulcorants. L’être humain n’est pas fait pour absorber tout cela quotidiennement. C’est du bon sens.

Ensuite, la suppression des produits laitiers pendant plusieurs semaines est une étape importante. Le lait de vache et ses dérivés ont une action pro-inflammatoire sur l’intestin. Cela n’a rien d’étonnant : le lait d’une vache est constitué d’éléments parfaitement adaptés pour nourrir son veau, pour qu’il devienne à son tour une grosse et belle vache. Notre système digestif est très différent de celui des bovins. Et nous ne sommes pas des veaux ! Si nous donnons à une vache une alimentation qui n’est pas faite pour son espèce, cela la rend malade. C’est pareil pour nous. Ici aussi c’est du bon sens. 

Une autre étape importante est la suppression des aliments contenant du gluten, en particulier le blé. Le gluten est une protéine qui comme les produits laitiers à une action irritante sur l’intestin. Le blé que nous connaissons aujourd’hui n’est plus du tout le même que celui-ci que nos aïeux ont consommé. Il a été de nombreuses fois greffé et modifié pour des raisons de productivité. Le gluten s’est donc transformé. Il n’est aujourd’hui plus adapté à l’intestin des êtres humains.

Le sucre est également à réduire au maximum. Mise à part dans les fruits, on ne le trouve pas à l’état naturel. Il agresse considérablement l’intestin et provoque de grandes perturbations de la flore, comme l’apparition de Candida Albicans.

Un apport de bons acides gras est indispensable pour réduit l’inflammation et maintenir un bon équilibre du système nerveux. Les omégas 3 contenues dans les huiles de colza, noix, cameline, chanvre, bio et de première pression à froid, sont à consommer quotidiennement. Environ 2 cuillères à soupe par jour.

En cas de crise de colopathie et de fortes douleurs, il convient d’éviter pendant quelques jours les aliments sources de fermentations, en particulier le sucre, l’oignon et les légumineuses.

Pour éprouver l’efficacité de ces ajustements alimentaires, il est important d’agir de manière empirique. Faites l’expérience pendant quelques semaines, vos intestins vous remercieront.

Un peu de symbolique 

Tous ce qui n’est pas exprimé, se manifeste dans le corps sous forme de maux. C’est d’autant plus vrai dans la colopathie fonctionnelle. Quelque chose d’angoissant, de troublant, d’agaçant, n’a pu être dit. Quelque chose qui devrait sortir par la parole ou l’action, mais qui reste à l’intérieur et qui irrite. L’intestin, qui est en lien avec nos émotions, devient alors lui aussi irritable.

Les cures 

Heureusement, la nature nous offre de précieuses aides pour nous accompagner vers le mieux-être.

Les huiles essentielles

L’huile essentielle de Basilic Tropical (Occimum Basilicum), sera choisie pour ses excellentes propriétés antalgiques et antispasmodiques intestinales. Elle est également un très bon antiseptique intestinal et exerce également une action favorable sur le système nerveux en calmant l’anxiété.

L’huile essentielle de Thym à Linalol (Thymus Vulgaris) Linaloliferum, a un fort pourvoir antibactérien, antifongique et antiparasitaire. Elle permet de nettoyer l’intestin de sa flore pathogène tout en respectant la flore saprophyte.

L’huile essentielle de Menthe Poivrée (Mentha Piperita) est un très bon antispasmodique intestinal. Avec ses propriétés antibactériennes, antifongiques et antiparasitaires, elle complète parfaitement l’action des deux précédentes. 

Conseil : 1 goutte de chaque dans une cuillère à soupe d’huile végétale riche en oméga 3, 3 fois par jour pendant les repas. Pendant 21 jours.

La gemmothérapie (macérâts de bourgeons et de jeunes pousses de plantes)

Le macérât de Noyer (Juglans Regia) est incontournable en cas de dysbiose. Son action est particulièrement efficace pour favoriser la bonne flore intestinale au détriment de la mauvaise.

Le macérât de Figuier (Ficus Carica) tout comme le Noyer est également indispensable. Il permet de réparer la muqueuse d’un intestin devenu poreux.  Il a également une très belle action apaisante sur le système nerveux et calme les somatisations digestives.

Le macérât de cassis (Ribes Nigrum) possède d’excellentes propriétés anti-inflammatoires sur la muqueuse intestinale. De plus, il potentialise l’effet des autres bourgeons pour les rendre encore plus efficaces.

Conseil : 7 gouttes de chaque dans un demi verre d’eau, 2 fois par jour loin des repas. Pendant 21 jours.

La L-Glutamine 

C’est un acide aminé, qui a la capacité de réparer la muqueuse intestinale et d’améliorer l’équilibre acido-basique, ce qui permet de réduire l’inflammation.

Et les probiotiques ?

Je pense qu’il est inapproprié de prendre des pré ou probiotiques à ce stade de dysfonctionnement. Exceptés certains cas spécifiques où ils sont nécessaires, il semblerait qu’en cas de colite, colopathie, intestin irritable, cela ne ferait qu’aggraver les choses ou ralentir l’action favorable des autres remèdes. Il conviendrait d’attendre qu’il n’y ait plus de dysbiose (cela peut prendre plusieurs mois) pour commencer une cure de probiotiques.

Pour rétablir un bon équilibre émotionnel, les Fleurs de Bach sont d’une aide précieuse. Elles peuvent vous être conseillées de manière personnalisée par votre naturopathe.

Vanessa Benahyoun

Naturopathe

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Ces conseils sont donnés à titre informatif pour seulement un mois de cure. Ils ne sauraient  se substituer à une consultation médicale. 

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