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Jeûner en 3D

par | Fév 27, 2018 | Bien dans son assiette

L’ISUPNAT organisait récemment un colloque sur le thème « Jeûner pour purifier le corps, apaiser le mental et éclairer l’esprit ». Il est important que le jeûne soit compris dans les trois dimensions réaffirmées dans ce titre afin de ne pas vulgariser sa pratique et la réduire au « dernier régime à la mode ». Explications.

« Jeûner pour purifier le corps, apaiser le mental et éclairer l’esprit ». C’est le titre du récent colloque organisé par l’ISUPNAT* au cours duquel chercheurs, naturopathes, médecins et journalistes se sont donnés rendez-vous.

Cet événement de portée nationale fédérant professionnels de la santé, grand public et experts du jeûne démontre l’évolution des mentalités et du regard posé sur cette pratique en France.

Il y a quelques années encore, jeûner était une pratique confidentielle, réservée à quelques hygiénistes pâlichons ayant traversé les âges et résisté aux bouleversements profonds de la médecine, laquelle depuis l’ère moderne et en moins d’un siècle, est devenue une science performante dévouée à lutter contre la maladie, en omettant parfois, dans sa prise en charge, de favoriser les processus de pleine santé et de prévention.

Les « adeptes » du jeûne étaient au mieux perçus comme de doux illuminés, au pire comme des personnes dangereuses.

Il est vrai que jeûner, donc se priver volontairement de nourriture solide durant plusieurs jours, est à contre-courant de la société dans laquelle nous vivons, où l’abondance (notamment alimentaire) est un impératif.

En parallèle, cette société du plein, du trop, en amène certains à un ras-le-bol physique autant que psychique qui se traduit par un désir de se nettoyer, se délester de surcharges, et de regagner sa vitalité.

La médiatisation de cette pratique (en France le documentaire filmé de Thierry De Lestrade « Jeûner, une nouvelle thérapie » ) a largement contribué à vulgariser le jeûne, appuyé par l’intérêt qu’il suscite chez quelques médecins et chercheurs. L’engouement généralisé pour la détox et le bien-être a fait le reste.

Aujourd’hui, jeûner est favorisé par une offre croissante de séjours encadrés, permettant aux curistes de bénéficier d’un accompagnement quotidien. Car, si jeûner est un acte nécessairement solitaire, le partage d’expériences et la force du groupe facilitent le cheminement individuel des jeûneurs.

Les trois assertions intitulant la récente rencontre à l’initiative de l’ISUPNAT rappelle la portée multidimensionnelle d’un jeûne, trop souvent réduite à l’aspect physique.

Jeûner pour purifier le corps

La détoxination de l’organisme est à la base des préceptes de bonne santé (version naturo…!) Elle vise à libérer le corps de la toxémie qui l’encombre, qu’elle qu’en soit sa nature.

Cet objectif est permis grâce à une épuration des humeurs ou liquides organiques qui constituent le milieu intérieur. Favorisée par la mise au repos du système digestif et par la provocation d’une lyse, ou auto-nettoyage interne par auto-combustion, la détox de l’organisme s’opère d’elle-même durant un jeûne.

Par un enchaînement de transformations biochimiques parfaitement orchestrées par le corps, la libération et l’évacuation des toxines et des toxiques se fait, mettant à l’épreuve nos fonctions émonctorielles, qui doivent être chouchoutées durant un jeûne.

A l’inverse du phénomène d’accumulation et d’encrassement détériorant progressivement le terrain, l’organisme se purifie en commençant par les déchets les plus récemment accumulés.

Ce grand nettoyage repose sur une multitude de processus physiologiques : utilisation du glucose stocké au niveau hépatique, néoglucogénèse à partir des acides aminés, dégradation d’acides gras et production de corps cétoniques servant de « substitut » au glucose pour alimenter le cerveau notamment. Ces transformations sont inscrites dans nos mémoires cellulaires, le jeûne ayant été pratiqué tout au long de l’histoire de l’évolution humaine, plus ou moins volontairement. De nombreuses adaptations hormonales accompagnent ce passage en mode « pilotage automatique » du corps.

Jeûner pour apaiser le mental

Jeûner, c’est un temps « hors du temps », où les obligations et contraintes sociales s’effacent. Les journées habituellement rythmées par les prises alimentaires semblent rallonger, et le temps intérieur est souvent modifié.

Jeûner, c’est se donner l’occasion de se libérer de nombreuses croyances ou pensées perturbatrices autant que de toxines corporelles.

La digestion mobilise une grande partie de notre énergie, et influence inévitablement notre mental. Nous avons tous fait l’expérience du ressassement ou de la prolifération d’idées noires après un repas trop copieux.

L’absence de glucose pendant la première phase du jeûne va de pair avec une sensation de perdre ses facultés cognitives. Rien de plus logique. Si après quelques jours de jeûne on observe à contrario une vivacité et une acuité intellectuelle accrues, cet espace entre-deux, où l’on a l’impression de flotter, a pour effet positif de calmer durablement le mental. Le jeûne constitue ainsi un sas de décompression à son agitation quasi-constante, et comme en témoignent de nombreux jeûneurs, permet de se focaliser sur l’essentiel, avec une vision nette.

Jeûner pour éclairer l’esprit

Se défaire de notre tout premier réflexe de survie, se nourrir, nous amène à un détachement de la matière.

L’organisme libéré de ses tâches digestives et notre mental lâchant prise progressivement, accorde davantage d’espace pour l’introspection.

Cet allègement de l’esprit explique pourquoi le jeûne est associé aux traditions religieuses qui le prônent afin de se libérer du désir, se recentrer sur soi, faire pénitence. Il est aussi mis en avant pour le rôle communautaire et solidaire qu’il revêt : ne pas manger, c’est se rapprocher des plus pauvres.

Plus largement, la dichotomie esprit versus matière alimente cette perspective, ce qui a valu au jeûne d’être déconsidéré par nos sociétés laïques parfois féroces envers la spiritualité et les religions.

Bien heureusement, les paradigmes changent et les dogmes finissent toujours par s’effriter, et de nombreuses publications vont dans le sens d’une réconciliation corps/ psyché, matière/ esprit, plein/ vide, démontrant la subtilité et la complexité de toute manifestation.

Le jeûne invite à un chemin initiatique où croyances et vérités personnelles sont ébranlées.

Il est important, à ce titre, que le jeûne soit compris dans les trois dimensions réaffirmées par le titre du colloque, afin de ne pas vulgariser sa pratique et la réduire au « dernier régime à la mode ».

Delphine LENTZ

Naturopathe

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Ce colloque s’est tenu le 20 janvier 2018 à Paris- En savoir plus ici

 

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